5 ans déjà. Les souvenirs s'effacent, se voilent, s'effritent ; Malgré ma mémoire de carpe ornementale je ne t'oublie pas. Ton visage pâle, ton rire cristallin, ton sourire crispé pour tenter de faire bonne figure, la douceur de ta voix au téléphone quand nos routes se sont séparées et tes commentaires intarissables sur tous les bouquins que tu as dévorés pendant tes grasses mat' forcées, et lorsque la douleur t'empêchait de tourner les pages il y avait encore des centaines de films à commenter. J'aimais t'écouter parler, mais le son de ta voix commence déjà à m'échapper. Nous n'étions pas des amis, nous ne  savions pas grands choses l'un de l'autre, nous nous sommes juste rencontrés. Et puis ce 16 octobre, coup de fil et je me suis rendu compte qu'il ne me restait de toi que mes souvenirs... Ma petite vidéothèque est vite devenue ton mémorial, pas un de ses films ne t'avait échappé. J'ai bien dû me faire à l'idée qu'une cassette n'a jamais ressuscité personne! Tu es parti dans ta petite île, trop loin pour que je viennes te dire au revoir ; Finalement notre histoire est restée fidèle à elle-même jusqu'au bout.
Je n'ai pas besoin de ces souvenirs pour ne pas t'oublier.